Le faux débat sur Uber

Il y a plusieurs mois que je me désole du débat Taxi vs Uber!

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Patate chaude pour nos dirigeants, capital politique pour d’autres, le dossier Uber démontre le manque de culture envers le monde numérique qui transforme nos habitudes chaque jour.

Des Uber de ce monde? il y en a des centaines en préparation dans tous les domaines inimaginables. C’est simple, la technologie permet aux gens de régler leurs affaires directement ensemble avec le moins d’intermédiaires possible. Ces intermédiaires ne deviennent alors que des plates-formes de confiance minimale. Il semble que l’establishment est décidé de faire d’Uber le méchant Napster du transport. En personnifiant le débat sur Uber, l’on manque l’occasion d’aborder l’enjeu de manière globale.

Tout le monde souhaite que les lois soient appliquées de façon juste et je ne connais personne qui souhaite que des gens perdent leur emploi! Par contre, il ne faut pas utiliser ces lois pour empêcher le progrès, mais tourner ce progrès à notre avantage en cessant de jouer les victimes.

Et ce fameux progrès, dont les vertus nous sont louangées depuis l’ère de l’industrialisation, qui s’accélère et qui nous a amené en moins de 20 ans des innovations avant impensables : l’Internet, les terminaux mobiles, les réseaux sociaux et maintenant les voitures autonomes qui sont aujourd’hui une réalité.

À cette accélération, s’ajoute des innovations dans le stockage de l’énergie, de la génomique, la nanotechnologie, la robotique, l’automatisation, l’impression 3D et j’en passe.

Hier, la musique et la vidéo en ligne…. et très bientôt la santé, l’éducation, l’agriculture, l’énergie, le transport et même la notion de travail devront bientôt évoluer vers des modèles mieux acceptés à cette société de l’information qui n’est qu’à ses balbutiements.

Chaque domaine sera en quelque sorte victime du processus de progrès connu sous le nom de «destruction créatrice».

La « destruction créatrice » désigne le processus continuellement à l’œuvre dans les économies et qui voit se produire de façon simultanée la disparition de secteurs d’activité économique conjointement à la création de nouvelles activités économiques., Wikipédia, Joseph Schumpeter en 1942

Ce progrès est-il synonyme d’un monde meilleur? Loin de là! Ce progrès est surtout synonyme de changement et ici se situe notre choix d’en faire un monde meilleur ou de jouer à la «victime».

L’argument sur les conséquences néfastes du progrès est définitivement valable. Par contre,  il doit être mis en perspective, car ce progrès soulève des questions fondamentales sur l’avenir de notre société et même de la définition du travail. Alexandre Taillefer explique très bien que la finalité d’Uber est la voiture sans conducteur et c’est parfaitement vrai! Sachez qu’Uber est loin d’être le seul dans cette course.

Mais, pourquoi faire l’autruche dans ce cas ?

Et ce modèle d’affaires très libertin d’Uber, qu’y à t-il de différent de toutes ces autres entreprises mondialisées? Ce modèle ressemble à beaucoup de noms connus d’entreprise des technologies et de «l’Internet». Je suis d’accord qu’il y a un appauvrissement de notre société causé par ces nouveaux paradigmes d’entreprises de «l’Internet», de «logiciel» et de toute la complexité de la globalisation des affaires.

En polarisant ce débat autour d’Uber, c’est comme si on disait que sans Uber, il n’y aurait jamais de voiture sans conducteur!

La vérité est que les pionniers de l’Internet sont eux-même à constater que ce progrès de l’internet ruine la classe moyenne. Jason Lanier, un pionnier et personnage de la Silicon Valley, résume très bien ce phénomène :

Dans “Who owns the future” (non traduit), il décrit un phénomène qu’il n’avait pas anticipé: la concentration des richesses dans un univers qui était censé aplanir les inégalités. L’économie, dit-il, repose de plus en plus sur l’information et celle-ci n’étant pas suffisamment monétisées, la richesse collective se dilue. Bref, le tout gratuit est en train de détruire la classe moyenne et l’économie de marché.

Et les TAXIS alors?

En mettant les choses dans cette perspective, on pourrait recommander aux chauffeurs de TAXI de former un regroupement avec les chauffeurs d’autobus et de camion, les professeurs, les médecins, les chirurgiens, plusieurs métiers manuels ou répétitifs, car force est de constater que beaucoup de métiers vont muter ou disparaître complètement avec ce fameux progrès, pas vrai? Et ce n’est que l’histoire qui se répète!

Avec ou sans Uber, le métier de taxi tel qu’on le connaît aujourd’hui est tout simplement voué à disparaître.

Dans un futur à notre portée, il sera possible pour une famille d’avoir un seul véhicule autonome et de le partager de manière optimale entre les différents membres d’une maison, d’une famille, d’un cercle d’amis, d’un quartier et pourquoi pas une flotte de véhicule autonome mutualisée en libre-service pour une ville ?

Cette évolution du transport n’est plus de la science-fiction et ne se résume pas qu’à un vol de marché au TAXI, mais bien davantage en une mutation qui dépasse largement l’industrie du TAXI et qui concerne l’ensemble des moyens de transport. Vous avez dit: «voiture et autobus sans conducteur : l’hyperloop, l’autoroute Londre-NewYork, etc.».

Et si nous avions inventé les frigos et les cuisinières le mois dernier?

Imaginez maintenant que pour nous nourrir, nous devions utiliser que les restaurants et les mets préparés, et que subitement, nous découvrions tout ce qui est nécessaire, à un coût abordable, pour gérer notre propre cuisine. Désormais, la technologie  permettant de conserver et de cuire les aliments soi-même serait disponible et abordable. Telle une trainée de poudre, les gens feraient la fête chez eux et s’organiseraient des soupers entre amis.

MAIS scandale ! Qu’arrivera-t-il avec les restaurants? Ils vont perdre 50 à 90% de leur revenu. Hum, j’ai une idée, nous pourrions empêcher les gens de se faire à manger eux-mêmes pour des raisons de sécurité! Il y aura toujours des restaurants, et il y a aussi l’épicerie et il y a maintenant MA CUISINE!

Vous croyez que l’exemple de la cuisine est ridicule? C’est le but, mais vu de cette manière, le dossier Uber l’est tout autant, car il est primordial de comprendre que nous sommes face à un début de destruction créative dans le domaine du transport.

Avec des entreprises de plus en plus grandes, cette définition élastique de l’ubérisation peut être transposée à beaucoup de domaines.

Mais que faire ?

Premièrement, les taxis sont en quelque sorte un monopole tributaire du gouvernement et des lois, qui avouons-le, n’est pas encore entré dans l’ère moderne des technologies de l’information et du réel progrès numérique.

Le TAXI va disparaître, maintenant, à nous de décider comment!

Deuxièmement, il faut être en mesure d’entrer dans l’ère de la culture du numérique et de la modernité créative.

Tout cela dépasse la gauche et la droite, Taxi et Uber et tous les débats futiles et souvent polarisés autour des enjeux du passé ou partisans.

L’enjeu ici est la capacité d’adaptation de notre société fasse aux changements qui s’accélèrent. Cette force de destruction créative qui s’opère dans de multiples domaines offre aussi des opportunités incroyables d’innovation.

À quand un vrai ministre du numérique? Je ne parle pas d’un autre de MonOncleCity, qui voit encore que la modernité numérique tourne autour de la nouvelle version d’un logiciel de multinationale.

Je parle ici d’une vraie vision numérique qui permettrait d’appréhender les changements qui s’opèrent dans divers domaines critiques de notre société tels que le la santé, l’éducation, le transport, etc.

Doit-on appréhender l’ubérisation de l’Éducation?

Ce qui est sûr, c’est que le numérique confronte l’école à une réalité nouvelle : grâce à l’open-source, les enfants ont librement accès à toute l’information sur la toile ; grâce aux tutoriels, mentorats, etc., ils peuvent développer leurs propres compétences et savoirs. L’école est donc confrontée à une crise d’identité : elle n’est plus le seul lieu où se fait l’apprentissage.

Et l’ubérisation de la Santé?

Il est courant d’entendre que l’expertise informatique va se substituer à l’expertise médicale et que les géants américains du web détiendront les plateformes de décision algorithmique qui vont gérer la médecine de demain. Au mieux, les médecins seront des ingénieurs médicaux utiles, au pire des assistés sociaux dotées d’un diplôme inutile.

À la fois directement liés et très éloignés de Uber, ce sont ici les vrais enjeux du numérique pour notre société.

Sachant cela, quel genre de problème souhaitons-nous pour demain?

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DevOps: beaucoup plus que du déploiement de logiciel en continu

Je m’adresse à toi qui a déjà entendu parler plus d’une fois du DevOps. Je te pose la question suivante:

Comment décrirais-tu ce qu’est le DevOps ?

Tu pourrais certainement utiliser l’origine du terme DevOps pour me parler d’un mouvement visant l’alignement de l’ensemble des équipes du système d’information à commencer par les «devs»(chargés de faire évoluer le système d’information) et les «ops» (chargés d’exploiter les applications existantes).

Cela a le mérite d’introduire très clairement la prémisse du DevOps, soit:

Si une équipe d’exploitation est récompensée sur la stabilité du système alors que l’équipe de développement est récompensée à chaque nouvelle fonctionnalité livrée, il est évident que ces deux équipes vont se retrouver en conflit perpétuel.

Ensuite, vient la question de déployer en continu des logiciels et de toutes (beaucoup de tests et d’automatisation) les étapes qui sont nécessaires pour être en mesure d’arriver à ce niveau de maturité, soit:

  1. Intégration continue (fondement des méthodologies AGILE tel que SCRUM)
  2. Déploiement automatisé (automatisation du fait de passer vers un environnement indépendant des postes de développeur)
  3. Tests d’acceptation automatisés (automatisation de l’exécution de tests fonctionnels)
  4. Déploiement continu en production (déploiement en production sans régression et sans interruption de service)

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Source: http://www.ictjournal.ch/fr-CH/News/2014/12/02/DevOps-de-lintegration-continue-au-deploiement-continu.aspx

LE GRAAL?

À tout cela, on ajoute un coup de baguette (non magique) de changement de culture et on obtient une réelle révolution dans la capacité de concevoir,  de faire évoluer et de délivrer des services numériques.

Par contre, il demeure un axe qui est, à mon avis, le Graal du DevOps, je parle ici de «Infrastructure as Code».

Imaginons qu’une infrastructure complexe (réseau, firewall, cluster app, mise à jour, etc.) puisse être créée, modifiée complètement en quelques minutes à l’aide d’API ou pouvant tenir dans un fichier de «configuration» texte. Cela nous amène à se poser plusieurs questions et de faire certaines remises en questions sur des façons de faire que nous avons pu observer au cours des 10-20 dernières années.

Quelques exemple de questions que nous pourrions nous poser:

  • Pouvons-nous tester la non-régression d’une infrastructure de la même manière qu’on arrive à tester un logiciel ?
  • Sommes-nous maintenant en mesure de s’assurer que les différents environnements soient complètement identiques et qu’ils puissent être vérifiés facilement à l’aide d’un test?
  • Ai-je encore besoin que des administrateurs de systèmes aient des accès à ces serveurs ?
  • Est-ce dire que dans un proche futur, nous pourrions livrer une application en y incluant l’ensemble de ses spécifications d’infrastructure et de ses composantes (CDN, base de donnée, surveillance, mise à jour, etc.) et de les déployer et/ou transférer de manière transparente dans différent type de cloud?

Au cours des derniers mois, j’ai pu découvrir ce Grall avec Amazon Web Service (AWS). AWS est en quelque sorte le paradis pour le DevOps principalement de par l’approche «Infrastructure as Code» et leur approche 100% API.

Cet article à été écrit pour la communauté DevOps Québec en octobre 2015. 

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Des images qui parlent, pour terminer 2014 – Partie 3 «sociale»

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais 2014 me semble l’année des images et phrases à nature philosophique et tout particulièrement sur Linkedin.

Je me suis donc amusé à amasser celles que je considère les meilleures….

Puisqu’une image vaut mille mots, je me permets de vous les présenter en trois parties (personnelle, organisationnelle et sociale) sans grande explication et vous invite à partager et me faire part de vos coups de coeur.

L’égalité n’est pas toujours justice….

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Notre société en plein «changement»

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Les problèmes de demain

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La pyramide de Maslow corrigée

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Le choc des générations

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Des images qui parlent, pour terminer 2014 – Partie 2 «organisationnelle»

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais 2014 me semble l’année des images et phrases à nature philosophique et tout particulièrement sur Linkedin.

Je me suis donc amusé à amasser celles que je considère les meilleures….

Puisqu’une image vaut mille mots, je me permets de vous les présenter en trois parties (personnelle, organisationnelle et sociale) sans grande explication et vous invite à partager et me faire part de vos coups de coeur.

Le travail d’équipe

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Thinking outside the box…. but… in the BOX

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La boucle infinie

La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent, Albert Einstein.

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Vous le voulez comment votre projet ?

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Qui veut le changement ?

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Différence entre le «Boss» et le «Leader»

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Des images qui parlent, pour terminer 2014 – Partie 1 «Personnelle»

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais 2014 me semble l’année des images et phrases à nature philosophique et tout particulièrement sur Linkedin.

Je me suis donc amusé à amasser celles que je considère les meilleures….

Puisqu’une image vaut mille mots, je me permets de vous les présenter en trois parties (personnelle, organisationnelle et sociale) sans grande explication et vous invite à partager et me faire part de vos coups de coeur.

Attendre le moment parfait…

perfect

Le doute qui tue les rêves…

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Votre plan et la réalité

plan_vs_reality

Il faut essayer

Never_try_never_know

Pourquoi se compliquer la vie ?

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Lorsque notre égo peut amener à notre perte!

wgo

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Quelques «commandements» pour ne pas se faire piéger…

QV-Quelques_Commandements_IMGFailles de sécurité, piratages, atteintes à la vie privée et vols de données sensibles sont devenus monnaie courante… Nul n’est à l’abri, comme on a pu le constater avec les révélations d’Edward Snowden, qui a divulgué que les États-Unis disposaient de moyens extraordinairement sophistiqués pour surveiller leurs ennemis… et leurs amis!

Voici en pièce jointe ma collaboration avec le magazine Québec vert. Cet article à destination de travailleur automne et de PME vise à sensibiliser ces derniers face aux risques que représente la simple écoute d’un vidéo vu sur Facebook…..

Bref, un vieux sujet (les attaques côté client) mais avec une sauce «sociale». Ces attaques dites «client-side» concernent plus particulièrement les utilisateurs et leur poste de travail.

Cela rappelle ma présentation faite dans le cadre du WAQ 2012 qui démontrait le potentiel d’utilisation malvaillant d’outils évolués tels que Beef et des réseaux sociaux.

 

 

 

 

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Pourquoi une gouvernance Open Source est essentielle ?

main_argent_CAEn ce temps d‘austérité au gouvernement du Québec, on pourrait croire que le moment est propice à l’avancée des logiciels libres dans les différents organes de l’état québécois. Pourtant, il ne semble pas faire consensus que le passage vers un nouveau modèle, comme celui des logiciels libres, soit possible afin de faire des technologies de l’information un outil stratégique dans la modernisation et non seulement une bête dépense générant des coûts récurrents en augmentation constante.

Y A T-IL DE L’ARGENT À ÉCONOMISER AU GOUVERNEMENT AVEC LES LOGICIELS LIBRES?

La réponse est OUI et sans aucun doute! Plusieurs millions directement et plusieurs dizaines indirectement à coup sûr !

Avec un budget annuel dépassant largement le milliard en technologies de l’information au gouvernement du Québec et plusieurs dizaines de millions de dollars allant droit dans les poches (déficit commercial direct) de quelques majors de l’industrie seulement pour des droits d’utilisation (licences), on est en droit de se demander s’il n’y a pas de l’argent à économiser, voire une autre manière de gouverner les technologies de l’information afin que ces dizaines de millions puissent faire travailler et prospérer l’économie de notre province.

LES LOGICIELS LIBRES COÛTENT-ILS PLUS CHERS?

Beaucoup d’initiatives d’utilisation de logiciels libres sont faites dans un contexte «bottom up». Historiquement, ces initiatives font que les logiciels libres sont utilisés dans la majorité des organisations de la planète, souvent au su de la direction. Une des raisons pour laquelle leur entrée échappe à la direction est leur coût d’acquisition nu. En effet, puisqu’on peut télécharger ces logiciels librement et gratuitement, il n’est pas nécessaire d’obtenir la permission de la direction. De plus, le coût d’acquisition nul est un argument qui est souvent utilisé lors du démarrage de projet informatique en tout genre.

Ces situations amènent des risques qui peuvent rapidement avoir des impacts financiers considérables sur l’organisation. En fait, le choix de logiciel libre exige de gérer les risques touchant autant les aspects légaux, de maturité, de sécurité, d’expertises et plus!

Il ne s’agit pas que de coût d’acquisition (de licence), mais on parle ici de coût total de possession (TCO). Dans la pratique, les logiciels libres peuvent aider à la baisse du TCO dans une multitude de domaines. Ceci est particulièrement vrai sur des horizons de plus de 3 ans (voir 5 à 7 ans).

En clair, le point commun entre tout cela est le manque de planification et de vision à moyen et long terme. Par exemple, en plus de ne pas considérer des horizons de TCO de plus de 3 ans, certains choix d’architecture anodins peuvent rendre captif d’un logiciel qui, dans beaucoup de cas, n’est qu’une commodité. Mais nous avons tellement construit sur les fondations «fermées» que le coût de sortie justifie alors le statu quo.

Une chose est sûre, les logiciels libres ne sont pas plus gratuits que la nourriture que vous faites pousser dans votre jardin!

COMMENT MESURE-T-ON LE COÛT ?

Combien coûte selon vous le fait que des géants de l’informatique prennent carrément le contrôle  de votre calendrier et de votre budget en vous annonçant que dans 9 mois, le produit X ne sera plus supporté et que vous devrez passer à la version supérieure ? Dans l’urgence, vous allez payer les licences et ressources en plus de mettre de côté des projets structurants pour effectuer ce travail qui ne vous apportera, la majorité du temps, aucune valeur ajoutée.

En fait, dans les grandes organisations, il y a certainement des coûts récurrents en licences qui peuvent être sources d’économie significative. Mais la réelle économie, qui est plus difficile à mesurer, est le fait que vous puissiez reprendre la maîtrise de vos technologies de l’information. À l’échelle du gouvernement du Québec, cela peut représenter au minimum des dizaines de millions de dollars annuellement.

Bref, la maîtrise de votre système d’information est une pierre angulaire de l’efficacité et de la compétitivité pour les organisations.

COMMENT FAIRE ?

C’est ici qu’on peut affirmer que le défi n’est pas de passer aux logiciels libres, mais bien de changer de culture. De comprendre ce que l’on appelle et dont on entendra de plus en plus parler : l’Open Innovation. Dans notre monde, il est nécessaire d’innover le plus rapidement possible, et ceci avec le moins de ressources possibles. Bref, optimiser! En ce qui concerne l’utilisation des logiciels libres comme moteur d’économies à court et moyen terme, comme dans n’importe quel domaine, il est essentiel de mettre en place une gouvernance. Cette gouvernance favorise une vision stratégique visant à s’assurer de profiter au maximum des opportunités offertes par les logiciels libres et surtout de manière pragmatique et mesurable.

Pragmatique et mesurable ne sont pas seulement des mots, c’est simplement le seul moyen de profiter de l’avantage économique que peut apporter les logiciels libres pour les organisations, tant publiques et privées!

Avec une gouvernance de type «Open Source», il est possible de cibler des projets sources d’économie à court, moyen et plus long terme selon leur niveau de risque. Il est surtout possible d’éviter les écueils et de tout simplement être proactif sur les éléments de risques (légaux, humains, technique, etc.). Ainsi, il est possible de mettre en place un plan sur plusieurs années, qui en plus de s’auto-financer, permettra de dégager des marges de manœuvre pour financer des projets structurants et novateurs. Qui est contre la vertue ?

Il faut voir ce que de grandes organisations en France ont fait, pour se demander pourquoi nous serions plus idiots au Québec! Est-ce un problème de compétences, de hauts dirigeants, de politique, de culture? Il y a sûrement un peu de tout ça!

A titre d’exemple, le Ministère des Finances de la France a fait le choix en 2003 du serveur d’applications Open Source Jboss à l’issue d’une procédure publique de mise en concurrence. Les estimations données par les grands éditeurs étaient de l’ordre de 23 millions d’EUROS pour un droit d’usage illimité et un support sur 3 ans. Le marché lancé par la DGFIP a été confié fin 2003 à un grand intégrateur qui à fait le choix de proposer Jboss pour un montant de 3 millions d’EUROS.

Pour en savoir plus, vous pouvez communiquer avec  moi ou passer me voir avec l’équipe de Linagora au  Salon du logiciel libre du Québec (S2LQ) le 17 septembre prochain.

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